Plastimo Lorient Mini 6.50, top départ

C’est parti pour la 1ère course de la saison ! Elle se court en double sur 2-3 jours au départ de Lorient. Le bateau est prêt, les skippers aussi. C’est avec Martin Loup Roth​ que j’embarque, nous allons partager quelques navigations ; il se lance dans la préparation de la Mini Transat 2019… oui oui Foxsea 791 n’a pas fini de glisser !


En attendant : ce qui nous attend va être « coton coton ». C’est-à-dire très très (très) peu de vent, une bonne houle et allez, un peu de pluie… Un parcours réduit, avec des surprises (extensions de parcours ? réductions ? portes à passer…), qui nous emmène entre la pointe de Penmarc’h et Belle-Ile-en-mer.

Départ : aujourd’hui vendredi 06 avril 2018 à 12h00
>> À vous la cartographie ! Voici le lien : http://yb.tl/plm2018
>> N’hésitez pas à suivre Lorient Grand Large qui va poster toutes sortes d’actualités pendant la course.

PARCOURS

#PlastimoLorientMini650 #yallah!

De la Martinique…à Lorient.

Foxsea 791 retrouve enfin l’élément liquide !

Au Marin il a fallu démâter, puis déquiller, tout démonter et emballer soigneusement pour protéger le matériel pendant la transat retour. La coque de Foxsea a été grûtée au fond d’un cargo ; le mât dans les cales ; la quille mise à part dans un conteneur.
Le cargo est arrivé quelques semaines plus tard à La Rochelle.


Début janvier je suis allée le chercher : grûté sur sa remorque, la quille posée en-dessous, le mat dessus, des sangles solides et « zou » on ramène tout ça en Bretagne !
Enfin, presque. Je l’ai tracté jusqu’à chez moi pas loin d’un irréductible village appelé Guérande et… c’est parti pour un chantier d’hiver.

Au programme ? Vérification et examen de A à Z de Foxsea qui a TOUT donné pendant la Mini Transat : la coque, le mât, les appendices, les voiles, les cordages, le gréement, tout ce qui est mécanique, électronique, textile, tout ce qui est fixe ou qui bouge, passe au radar !
Un gros dossier plane au-dessus : la quille. D’une part elle a été endommagée lors du transport en conteneur (un peu comme au bowling 😥), d’autre part le système de fixation au bateau qui lui permet de pivoter, grâce à un axe en carbone pris dans des « paliers » inox, est trop usé. On ne plaisante pas avec ça. Il faut le refaire.


Pour cette raison j’ai tracté le mini de Guérande à Lorient pour fabriquer de nouveaux paliers (merci Celtinox et Sébastien Pébelier), puis de Lorient à Port-la-Forêt à côté de Concarneau pour le requiller – remettre à l’eau – remâter, et………il flotte à nouveau ! ! ! Yeepee !

2 jours après, juste le temps de tout remettre en place à bord, « zou » (sic) on redescend à Lorient mais par la mer cette fois. Et là c’est ce qu’on appelle « se remettre dans les conditions »… 8h à tirer des bords au près (vent de face) dans 20-25 noeuds, le froid, la pluie incessante et plein de trucs débiles qui ne me sont jamais arrivés avant : des choses qui se détachent sans raison, un safran par exemple, mon gilet qui se gonfle tout seul, hum ? Rappelez-moi de NE JAMAIS NAVIGUER UN 1ER AVRIL ! haha!

Donc, récapitulons. Foxsea Lady est à l’eau, à Lorient. Mardi j’ai passé les contrôles « sécurité » pour vérifier que tout l’équipement sécurité/survie obligatoire. Mais que va-t-il bien se passer à la fin de la semaine ???!

Des bises, salées

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Mini Transat 2017 – Les films

Je suis heureuse de vous montrer ce documentaire (lien ci-dessous) que mes partenaires viennent de réaliser dans le but de partager, de l’intérieur, ma superbe aventure de la Mini Transat 2017.
Bien sûr il ne raconte pas tout.

Il faudrait bien plus de 15 minutes pour expliquer ce combat acharné afin de s’aligner sur la ligne de départ ; ce que l’on vit avec tous ceux qui soutiennent, partagent ou qui simplement s’intéressent à cette aventure particulière ; comment la force des émotions ressenties peut changer notre rapport au monde.
A la première vue du reportage j’ai trouvé toujours aussi difficile de me voir filmée de près. Ce n’est pas simple de se livrer. Mais je vous le dois, et pour cette raison… Le fait de partager fait voir les choses sous un autre angle.

Je me suis dit : « C’est très doux, il y a beaucoup de violons ».
« Est-ce qu’on comprend à quel point la Mini Transat peut être rude ? Est-ce qu’on sent la fatigue physique, le mal de la peau, les moments d’angoisse, le rythme infernal du bateau, les vibrations, la violence de certaines situations, la puissance des grains ventés ? La peur de tout perdre en quelques secondes, sur une vague ou un geste mal contrôlé, quand ils se déchainent ? »
Et par opposition, la douceur totale de certains moments. Les levers et couchers de soleil où tout se calme avant que les échanges thermiques ne reprennent, que les nuages ne reviennent. Des navigations de plusieurs heures dans un vent établi. Simplement, un bonheur intense à sentir le bateau glisser à toute vitesse sur les vagues.
Le bleu profond de l’Atlantique.

J’ai fait la Mini Transat. La 2ème étape s’est achevée par une très belle 7e place mais, beaucoup plus important à mon sens, je crois pouvoir dire en regardant l’ensemble de cette aventure :
« Engagement : validé. Ténacité : validé. Moral stable : validé ».

L’arrivée a été un moment extraordinaire. La beauté des paysages, le cœur gonflé de joie, les amis et l’accueil sur les pontons, le bain forcé, les arrivées des amis suivants, tout, tout, malgré les passages difficiles, tout me fait penser : vous êtes-vous posé cette question ? …Avez-vous un rêve ? Non pas celui de vos prochaines vacances et qui vous porte pendant le quotidien. Un qui serait plus profond, insensé ou non.

Si je devais retenir une chose de cette expérience ce serait ceci : avec l’envie, la volonté, en prenant parfois des chemins détournés, même sans moyens… il devient possible. Quel est ce rêve, ce projet qui vous dépasse ?


Merci aux équipes de Manac’h Immobilier et Adexia pour ce beau film (réalisé par Edito Prod) et votre soutien chaleureux. Merci également à mes partenaires DEF Marine et Néotech Safety.
A tous les participants de mon crowdfunding et ceux qui sont venus m’aider sur le bateau.

Merci à Spicee, La Boulangère, Overlap Prod pour leurs vidéos, et à moi-même pour m’être forcée à sortir la caméra. Dommage que je ne l’aie pas eue sur la tête lors d’un de ces grains monumentaux, j’aurais voulu vous montrer ça malgré l’état de tension totale.

Merci à tous les amis, famille, connaissances proches ou éloignées qui m’avez soutenue. Merci à la Classe MINI et à tous les ministes de perpétuer cet esprit !

La Mini continue de mon côté. Il y a encore quelques « affaires » en cours… Foxsea Lady n’a pas fini de glisser vers l’Atlantique !
Forzzzaaaa!

Vous avez 3 minutes ? Prenez un peu de Mini Transat !

Voici trois « capsules », des films denses et très courts (1 minute chacun) réalisés par La Boulangère afin de présenter… l’esprit ? L’approche ? La façon d’être ? …de trois femmes parmi les dix qui ont pris le départ de la Mini Transat 2017.
Le premier est tourné lors des dernières préparations à la Rochelle. Le second entre les deux étapes de la course, à Las Palmas de Gran Canaria pendant notre escale. Le dernier après avoir « traversé la mare » à l’arrivée de cette longue glissade à travers l’Atlantique !

N’hésitez pas à voir celles de Marta Guëmes et de Charlotte Mery (les vidéos vous seront proposées automatiquement par YouTube) : elles valent leur pesant de cacahouètes 😀
Merci à #La Boulangère, partenaire principal de la #Mini Transat la Boulangère, et Max Jouan pour cette initiative et ces films concis et vivants !

 

MT étape 2 : and Camille says…

[Elle prend la relève des actualités et ressort la plume, malgré sa main qui tremble 😛 ]

Près d’une semaine après mon arrivée, je sors du sas de décompression. Passer de la solitude en mer à tous ces débordements de joie, c’est, disons… intense. Tout aussi intense que cette formidable traversée bouclée en quinze jours et nuits. J’ai une certaine difficulté à mettre des mots dessus.

J’ai eu de longs moments de glisse et de surfs, d’adrénaline, un profond bonheur à sentir mon bateau en phase avec les vagues et le vent. Cela m’a demandé beaucoup de travail de matossage (placement des sacs et bidons) et de réglages des voiles mais il devenait parfois si léger à la barre, si fluide, on aurait pu dire qu’il dansait seul !

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Beaucoup de moments durs. Je flippais tellement de démâter, je n’étais jamais sûre. Jamais en confiance totale. A chaque survente je vérifiais que mon mât tenait bon. Aaarrh ces nuits interminables à éviter un orage bardé d’éclairs au loin, à se faire pourchasser en aveugle par les nuages, à la merci de grains très ventés… jusqu’à l’aube libératrice et ses levers de soleil époustouflants. Je crois que je m’en rappellerai toute ma vie.

A part un gros vrac une nuit dans un filet de pêche le long de la Mauritanie et plusieurs frayeurs dans des grains puissants (après quoi j’ai affalé au moindre doute), je n’ai pas eu de véritable galère. J’ai fait en sorte que tout ce qui casse à bord ne dégénère pas : un taquet de bastaque qui tient le mât (dès le 2e jour) les poulies doubles du palan de quille, les winchs qui fatiguaient bien malgré l’entretien régulier… 5 jours avant l’arrivée, mon plus grand spi explose en lambeaux dans un grain. Dépit et frustration. Le vent a molli ensuite et j’aurais été plus rapide avec.

Physiquement, mon corps a encaissé mais la fin devenait difficile entre les secousses et mouvements saccadés du bateau et l’humidité permanente assez terrible pour la peau.

Mentalement, je me suis fait quelques nœuds dans la tête : c’est l’apprentissage de la tactique et de la météo. J’avais besoin de capter le classement pour me mettre un coup de pied aux fesses. Pendant 6-7 jours après le Cap-Vert j’ai été seule au monde, l’océan à perte de vue. S’il m’arrive quelque chose, je ne peux compter que sur moi-même. Plus tard et parfaitement par hasard j’ai croisé d’autres minis, que j’ai reperdus ensuite, jusqu’à l’arrivée. Je ne savais plus où j’étais dans le classement. Une seule chose : avancer. Naviguer suivant ce qui semble logique. Tenir, malgré les grains interminables.

Et, des milles et des milles plus loin, avec un vent de plus en plus faible et en ralentissant à cause de mon grand spi déchiré, j’ai fini par l’apercevoir… l’Arc Antillais ! Cette arrivée. Je voulais tellement approcher de jour. La Martinique est si belle. Haute île aux reliefs mouvementés, couverte de forêt vert clair. Assez près pour apercevoir des palmiers, le rivage et l’eau d’un bleu profond passant turquoise, le Marin encaissé dans sa baie. Quelle joie d’apprendre en « live » que je suis 7ème, mais quelle joie ! La ligne d’arrivée, le ponton, les amis et la famille sont là… Ce bonheur. Puissant. Total.

J’ai traversé l’Atlantique en solitaire !

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Je n’ai pas fini de vous remercier tous. Mais là, maintenant, je tiens particulièrement à remercier tous les participants à mon crowdfunding ainsi que mes sponsors qui ont décidé cet été de me soutenir : NEOTECH SAFETY, DEF MARINE, ADEXIA, MANAC’H IMMOBILIER. Sans votre soutien je n’aurais pas pu assurer les frais ni prendre le départ de la Mini Transat. Sans votre soutien je n’aurais pas pu préparer Foxsea Lady suffisamment pour encaisser cette fabuleuse course sans trop d’encombres. Cette aventure a abouti grâce à vous.

A très bientôt, depuis la terre ferme !

Camille

DEF MARINE // NEOTECH SAFETY
MANAC’H IMMOBILIER // ADEXIA
Helly Hansen​ // INO-ROPE.com