Chantier estival pré-Transat… #mi août

15 jours plus tard : le mini n’en finit pas de se mettre à poil. Je suis prise d’une frénésie de vérification des points obscurs et en même temps, il faut avancer sur tous les sujets bien que la période ne s’y prête pas (mais POURQUOI tout le monde choisit ce moment pour être en vacances, purée !) : commander les pièces d’accastillage à remplacer et la matière première pour mes travaux ; choisir et confier à la voilerie les 7 voiles que j’embarquerai pour les réparer et renforcer, car elles ne sont pas toutes jeunes et doivent tenir jusqu’au bout ; demander des devis pour repeindre la grand-voile et apposer des autocollants sur la coque ; organiser l’emploi du temps pour intervenir sur l’électronique, le pont, l’étanchéité de l’accastillage…

Par exemple, dans le tas, des bonnes et de mauvaises nouvelles et beaucoup de sujets ouverts en parallèle :

– Apprendre qu’une nouvelle société a décidé de se joindre à cette aventure… Je vous en parle bientôt !

– Vérifier une dernière fois le gréement dormant, c’est-à-dire ce qui tient le mât debout – sur un mini 6.50 « de série » il s’agit de câbles (l’étai, les haubans et galhaubans, les bastaques…) alors que sur un « proto » comme le mien, le gréement est textile et entièrement fait sur mesure donc assez onéreux. Mais c’est léger et très résistant. Le mien a été conçu en 2013, il a une transat dans les pattes et on l’a révisé ce printemps.
Malheureusement un point d’usure que j’avais protégé sur un des haubans s’est trop dégradé, et c’est l’ensemble haubans, D2, V1 qu’il faut remplacer, des deux côtés pour garder l’équilibre. Évidement il s’agit d’usure donc je ne peux pas faire intervenir l’assurance (et mon budget n’avait pas besoin de ça).

Démonter tout l’accastillage atteint par la rouille ou qui semble ne pas être étanche : des taquets, la trappe arrière d’accès au radeau de survie (dont je veux aussi remplacer le joint d’étanchéité noir), le balcon avant parce que l’avant du bateau se remplit d’eau à chaque longue navigation (!!) même si je l’ai déjà fait réparer, les barres de liaisons des safrans dont les rotules sont fixes à force de rouiller et…indémontables ! Il va falloir que j’y arrive pourtant, pour les remplacer… et j’ai les mêmes sur les barres de flèche du mât. Rrrrhh!

– Faire de même avec mes safrans [les parties immergées du gouvernail qui dirigent le bateau] pour les nettoyer, en changer certaines pièces et les remonter pour me rendre compte de la complexité de cette manœuvre quand elle est réalisée à bord et en solitaire (pourtant le bateau n’est ni dans l’eau, ni balloté par les vagues…). #gloups

 

Démonter la barre franche, qui sert à diriger le bateau, car je veux comprendre comment le vérin du pilote automatique est fixé dessus et vérifier l’état des pièces (c’est-à-dire si elles sont rouillées ou déformées). Bien m’en a pris : j’ai découvert que les vis qui tenaient l’axe barre/pilote pouvaient potentiellement « bouffer » la barre et toutes lâcher, à force de mal travailler. Un genre de réparation très compliqué à faire en mer.

20170808_142023

Photo avant entretien : le vérin de pilote (au fond en noir) est fixé au moyen d’une rotule sur l’axe de la barre, qui traverse verticalement le « plafond » (plancher du cockpit). Les tissus brun/miel sont en fibres de lin, ceux en noir mat sont en carbone. On voit aussi les pièces délicates du capteur d’angle de barre (cylindre câblé, barre noire et tige métallique fine), essentiel au pilote automatique pour qu’il fonctionne correctement. Tout ceci est à l’arrière du bateau, juste au-dessus du radeau de survie.

 

– Constater que la jauge Mini 6.50 – le cadre et les règles de construction – m’impose d’avoir un chandelier supplémentaire [pièces sur lesquelles on accroche les filières qui permettent de se tenir sur le bord du bateau quand on se déplace] à l’arrière, entre les deux balcons, que ce chandelier a manifestement existé mais qu’il a disparu avant que je récupère le bateau (pourquoi je n’ai pas vu ça avant ?). Bon. Il faut le retrouver et le faire réparer… ou en faire fabriquer un nouveau… mais les entreprises sont fermées. Ce n’est pas grave. On y croit !

Tenter de rénover l’antidérapant du cockpit [partie du pont du bateau sur laquelle je reste la plupart du temps, près de la barre] : poncer l’existant, me rendre compte que la surface n’est pas régulière et que de grosses tâches vertes d’une ancienne peinture apparaissent donc il va falloir que je refasse la peinture blanche aussi, donc tout poncer plus fort pour que ce soit homogène avec un papier gros grain, dépoussiérer – aujourd’hui j’en suis à ce stade. Il me reste refaire de même avec un grain plus fin, redépoussiérer et dégraisser, peindre avec une peinture blanche résistante (et pas onéreuse) laisser sécher, puis enfin appliquer l’antidérapant…
Non, ça ne se passe pas toujours comme on l’imaginait ;P

– Vérifier la profondeur de petites fissures sur le haut de la coque et constater qu’elles atteignent le cœur de la coque (l’âme en mousse PVC, au-delà de l’enduit et de la « peau » de lin ou de carbone). Ce n’est pas grave, mais il ne faut pas que l’eau rentre et imprègne la mousse pendant la Transat donc je dois prévoir de réparer temporairement chaque fissure avec de l’enduit Epoxy, de la résine chargée, une peinture de protection, etc.

– Après la journée de chantier, faire du matelotage au calme. Avec un peu de musique, ce n’est pas vraiment dépaysant mais ça vide un peu la tête… Il me faut une « batterie » de manilles textiles en Dyneema [des boucles très résistantes que l’on peut ouvrir et fermer à volonté] que je réalise sur mesure en fonction de l’usage auquel je les destine : prise de ris dans la GV, points d’amure et d’écoute du solent, point d’écoute de spi, etc. Il ne me reste plus qu’à les serrer définitivement (d’abord finement à la main avec un épissoir, puis en les pré-étirant à la manivelle sur un winch).

La liste est longue mais on va s’arrêter là, hein ? Sinon je vais paniquer 😀
Des bises et à bientôt !

 

Chantier d’été pré-Transat… #juillet

L’heure n’est plus à la rêverie (est-ce qu’elle l’a été cette année…?)

Problème n°1 : il n’y a pas assez de jours dans l’été. Les semaines fondent comme le beurre demi-sel sur du pain grillé.

Problème n°2 : ma joblist se comporte de manière étrange, j’ai beau rayer des lignes chaque jour, elle s’allonge inlassablement. Le mini fait pareil : plus j’avance, plus il est démonté. Oh, ça suffit, là !

Problème n°3 : il y a tellement de touristes en Bretagne que je n’arrive plus à capter internet sur mon téléphone, même Facebook, c’est dire comme c’est compliqué de donner des nouvelles ou de commander du matériel !

Ah, je ne vous ai pas dit ? Depuis quelques mois je suis SDF de luxe et ma maison, c’est ce château nomade (avec vue et sans touristes, quand on cherche bien) :

20170724_093450

Bon il parait énorme sur la photo, c’est l’effet panoramique. Ça reste un fourgon. Mais quand même c’est le grand luxe pour un van de « ministe »

 

Oui et alors LA PREPARATION, où en est-on ?!

Au mois de juillet :
– J’ai rencontré, présenté mon projet et discuté avec des entreprises qui ont décidé ensuite de me sponsoriser. Merci à Adexia, Manac’h Immobilier, DEF MARINE ! Et… ce n’est pas fini ! Grâce à mes sponsors et mes soutiens du crowdfunding (financement participatif), j’ai pu envisager le chantier pré-transat différemment et prendre des décisions plus sereines, en étant rigoureuse sur tous les postes importants (sécurité, résistance des équipements, etc.).

– J’ai acheté 3 panneaux solaires de 100W chacun. Je veux partir en « tout solaire » – comme seul moyen d’alimenter les batteries à bord – il faut donc du matériel de qualité. J’ai ensuite commandé la fabrication de supports en carbone sur mesure pour deux des panneaux qui seront fixés à l’arrière du bateau (le dernier sera « volant », c’est-à-dire déplaçable et rangé à l’intérieur quand il ne sert pas). J’ai hâte de les voir installés, branchés, prêts à servir !

– J’ai refait le tour de tous les cordages et « ficelles » sur le bateau et la liste de rénovation/remplacement que j’avais dressée s’est allongée. Par exemple, des points d’usure sur les prises de ris (qu’il faudra surgainer), sur des drisses, sur l’amure des spis, sur la sous-barbe au pied de l’étrave… On démonte et on répare… Et si je n’ai pas le temps ou si c’est trop technique pour que j’apprenne et réalise rapidement moi-même, je les confie à mes mateloteurs préférés : Ino-Rope.

– J’ai préparé la coque du bateau pour que ses parties immergées soient repeintes, ça n’a pas été une sinécure. Quel boulot…physique…et plein d’imprévus. L’antifouling était vieux et très difficile à décaper, j’ai du retirer le primaire en plus de ça.
Au final j’ai utilisé du décapant chimique (au moins 2 produits différents) + une ponceuse orbitale + une ponceuse pneumatique avec compresseur que l’on m’a prêté en ayant pitié de mes muscles + une cale à poncer à main + du diluant à gogo… et quelques litres d’huile de coude pour plus d’une semaine de boulot entrecoupé de grosses pluies bretonnes. « Et tu avais déjà fait ça avant ? » « NAN ! » (dit-elle couverte de poussière blanche des pieds à la tête).

Puis j’ai amené le mini chez PL Yachting à Port-la-Forêt qui m’a fait une très belle carène : nouvelle couche de primaire Epoxy + nouvel antifouling A4T-Speed blanc pour protéger la coque et avoir une belle glisse, √ check !!
Merci à PL Yachting pour ce travail soigné.

Pourquoi la quille et les safrans sont-ils peints en orange fluo ? Si le bateau chavire en se retournant complètement, le fluo est davantage visible sur la mer qu’une coque blanche. (Oui… parfois il vaut mieux ne pas savoir).

– Le reste de juillet s’est dilapidé en formalités administratives : préparation du contrat d’assurance, du retour par cargo, etc… ça n’en finit pas, mais ça avance, si, si !

Allez je ne résiste pas à vous montrer d’autres instantanés dans la catégorie #niceplacetonight #j’aimelaBretagne 🙂

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Allez Tac soutenue par de supers sponsors

Ils y croient, autant que moi. Ils se joignent à l’aventure pour me soutenir et la partager chacun à leur manière. Je suis très heureuse d’être épaulée par ces entreprises dynamiques… et plutôt fière de les présenter :

Logo DEF Marine

DEF Marine offre aux armateurs, chantiers de constructions navales, installateurs et navigants, une approche globale et complète de la sécurité à bord des navires. Elle dispose de produits issus d’usines de fabrication installées en France qui lui assurent une parfaite maîtrise des procédés de fabrication et une qualité « made in France », tout en développant une assistance technique de mise en service et un service après-vente au plus près des besoins grâce à la représentation internationale du Réseau DEF.

 

Adexia      logo-manach

Cabinets nantais spécialistes de l’immobilier d’entreprise, Adexia est spécialisée en gestion de bureaux locaux d’activités ou entrepôts sur le grand Ouest (syndic de copropriétés, gestionnaire technique ou locatif) et Manac’h Immobilier accompagne, depuis plus de 15 ans sur Nantes et son agglomération, les PME et grands groupes dans leurs projets immobiliers.

Je suis ravie de partager cette aventure avec vos équipes, merci à vous tous pour votre confiance et votre enthousiasme. En avant toute ! Il y a un océan à traverser ! 🙂