[QUALIF 3] Cornouailles, mer Celtique… Irlande !

J’aperçois Wolf Rock !

La première fois que j’ai vu ce phare c’était lors d’une croisière avec l’école de voile des Glénans, on se rendait des Cornouailles (port de Penzance) aux îles Scilly. Cet archipel d’îles est superbe… Il regorge de surprises exotiques. Aujourd’hui il fait gris, je passe loin, la mer est hachée. Ça souffle toujours.

Evidemment ça ne rend rien en photo. Mais Wolf Rock a de l’allure.

Bientôt je longe la pointe de l’Angleterre. La route la plus courte est de passer entre les îles Scilly (en évitant le rail) et la côte de Cornouailles. C’est beau mais je suis fatiguée, le bateau est trempé à l’intérieur. J’éponge autant que je peux l’eau qui stagne au fond. Ceci dit le plus gros du coup de vent est passé cette nuit et je ne croise plus de cargos pour l’instant.

Je commence à constater quelques soucis d’énergie à bord… ma pile à combustible est âgée et apparemment ne charge pas assez : elle n’étale pas la consommation du pilote automatique, de la centrale NKE, de l’AIS et de la VHF (et des feux la nuit). Je vais devoir surveiller ce point qui pourrait devenir très problématique. Je commence à réduire ma consommation… pas de musique à bord !

Le vent baisse et tourne un peu, j’avance toujours à 7-8 noeuds dans une mer toujours formée. Plein nord maintenant, j’entre en mer Celtique ! Au coucher du soleil, cap sur l’Irlande ! Troisième nuit en mer, plus calme. Je croise toujours des porte-conteneurs et tente quand même de dormir autant que je peux mais là, mon corps crie qu’il préfèrerait un bon lit chaud et SEC ! C’est vraiment un truc de débile le mini quand même 🙂

Fin de nuit, punition : le vent prend une grosse bascule et c’est du louvoyage (de la route en zigzag pour remonter face au vent) que je dois encaisser… Elle se mérite, la belle île, mais au petit matin j’ai cette impression étrange, lorsqu’on a passé plusieurs jours en mer, isolé de tout, entre  vagues et ciel pour seul paysage en nuances gris-bleu-vert : TERRE EN VUE !

L’inconvénient du louvoyage ? C’est beaucoup plus long donc plus dur pour le moral. L’avantage ? Ça me fait longer la côte qui alterne entre baies et monts escarpés : c’est tout ce que je peux voir… De l’Irlande je n’aurai qu’un parfum de fleurs.

Car non, pas d’escale, ce n’est pas le but ! On enroule la fameuse bouée Coningbeg et demi-tour immédiat, retour tous schuss vers la France !! #cherchepas

Je sens le furet depuis quelques jours et maintenant ça me gratte au crâne, j’aurais bien besoin d’un shampoing 😛
Pas le temps d’y penser. Je redescends au portant. Wouhouuuu ça envoie en mode « sanglier » sous spi médium !! Pointes à 14 noeuds ! Surfs démentiels dans la houle ! Wooo ça devient chaud, il y a de sacrées claques, quelle glisse ! Le vent monte encore. Je garde la barre jusqu’à ce que je m’écroule de fatigue. Je finis par réduire la toile, changer de voile. J’ai retraversé la mer Celtique et la Manche d’une traite. Me voilà sur l’Occidentale de Sein ! « Truc de ouf ! » comme diraient les jeunes 😉 😉

Je me retrouve subitement collée dans la pétole (l’absence de vent) et avec une mer complètement désordonnée qui ralentit fortement le bateau. La nuit va être très longue.
Le lendemain, un soleil éclatant s’élève dans le ciel avec une brise légère. Je peux enfin faire sécher mes affaires ! Ouf, le bonheur !
Je fais plusieurs points au sextant (méthode ancienne de positionnement géographique au moyen d’un appareil qui mesure la hauteur du soleil par rapport à l’horizon) : cela fait partie du dossier de qualification que je devrai rendre une fois rentrée. « La Mini, course qui renoue avec l’esprit aventurier des premières transatlantiques« . Heureusement nous avons un GPS maintenant qui nous donne nos coordonnées exactes (sans cartographie). Mais s’il tombe en panne, que fait-on ? C’est justement le genre de question que l’on doit se poser.

Arriver sur les côtes veut aussi dire retrouver les pêcheurs. Ça c’est le cauchemar des ministes surtout dans la pétole : les éviter tient du casse-tête et il y a toujours un risque que ça se termine en catastrophe, car ils ont souvent une route aléatoire, ne font pas toujours de veille à la VHF (la radio) et parfois même personne n’est aux commandes du navire.
Une journée de plus à descendre vers le sud ; encore une nuit dans la pétole… des heures sans un seul souffle d’air, une mer d’huile, un pêcheur qui me tourne autour. Je ne peux pas dormir c’est trop dangereux. J’éclaire mes voiles avec un gros spot lumineux. Un cauchemar, je vous dis !

Jour 5, toujours un soleil de plomb et voilà une jolie brise qui s’installe. Le soir tombe, j’arrive sur le Pertuis d’Antioche en approche de l’île de Ré. Je reviens d’une longue descente depuis l’Irlande. Instant de grâce. La lumière est superbe…

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