Première course solo de la saison.

La Pornichet sélect porte bien son nom : c’est la 1ère épreuve en solitaire. Un parcours de 300 Miles exigeant, une météo propice aux dépressions ventées, des nuits très froides. Les estomacs sont tendus au départ… Courir la Sélect, c’est se mettre en condition !

La course part de Pornichet (baie de La Baule) et dure entre 2 et 3 jours sans s’arrêter la nuit. Elle nous envoie tourner entre l’île de Groix et les Sables d’Olonne avec des routes parfois très caillouteuses : le passage de la Teignouse ou des Soeurs (Quiberon/Houat/Hoëdic), enrouler le phare des Birvideaux et l’île de Groix… et des navigations plus au large, au-delà de l’île d’Yeu et de Belle-Ile-en-Mer.

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Mes objectifs étaient de « naviguer proprement », c’est-à-dire :

  • Réaliser de belles manœuvres, sans cafouillages qui font perdre de la vitesse et des places voire provoquer des problèmes à bord. Donc bien anticiper, réfléchir, ne pas se précipiter mais agir efficacement. Ce n’est pas si évident car c’est vite le bazar à bord et les manœuvres sur un prototype sont tellement compliquées !
  • Sans me mettre dans le rouge : gérer les siestes de récupération par périodes de 10-15 min en faisant attention car avec 70 bateaux au départ, nous sommes très nombreux et tous seuls à bord. Me nourrir correctement, anticiper les transitions (s’habiller chaudement avant la tombée de la nuit…). Bon, quand même, ce n’est pas une pêche-promenade et il faut essayer d’être performante et de faire avancer Foxsea Lady. Pas facile de trouver l’équilibre !
  • ET SURTOUT : Finir la course. On se prend vite au jeu… Ne pas oublier que le but ultime n’est pas d’ « envoyer du lourd » et de risquer de casser, mais bien d’engranger des miles au compteur (pour me qualifier à la Mini Transat).

Crédits photos : ©C.Breschi ©B.Bouvry ©N.Bavant ©P.Pinson

Au final, cette course ? Nous avons eu du vent fort la première nuit jusqu’à 28 noeuds (= force 6) au large de Belle-Ile, j’ai pris beaucoup de temps avant d’envoyer un petit spi mais ça été un truc de malade !!! Jamais vu autant de mer passer sur le pont, des gerbes d’eau monumentales. Le bateau s’est envolé. J’avançais à 10-12 noeuds comme une fusée et voyais à peine les autres quand je les dépassais. Reculée à fond, j’osais à peine bouger… Jusqu’à ce que quelque chose lâche et que ça parte en live (ehhh… je commence à être habituée 😛 ). C’était compliqué à gérer mais heureusement, rien de grave.

Au niveau des Sables d’Olonne j’ai eu un problème de pilote automatique qui faisait de grandes embardées. Je ne pouvais plus lâcher la barre. Tout le monde me dépassait et il restait encore tellement de route…! J’ai fini par attacher la barre, réussir à envoyer un spi, puis l’affaler parce qu’il s’était emmêlé (c’est toujours quand on est en galère qu’on a d’autres galères) le renvoyer ensuite, retourner à la barre…woohoo ! En discutant par radio avec les autres ministes – ça c’est de l’esprit d’entraide – j’ai réussi à trouver la panne et mon pilote a fonctionné de nouveau. Ouf !

Cette course m’a permis de tester mes moyens de recharger l’énergie à bord, de prendre le rythme du proto, trouver comment organiser le matériel à l’intérieur, voir comment je pouvais dormir (heu…assise ? allongée les jambes en l’air sur le palan de quille ?)…

Je fais 19e/25 au final (47e/70 au classement scratch, série & protos confondus) je pense que je pouvais mieux faire mais peu importe ! J’ai vu qu’à certains moments j’étais capable de bien faire avancer le mini – et à d’autres c’était tout l’inverse, je me faisais doubler de toutes parts. Je n’ai pas encore « les clés du bateau » et ne sais pas toujours quelle est la meilleure voile à mettre en fonction de ma route, alors que les concurrents naviguent sur leur bateau depuis un an et sont plus calés. En gros, Camille, bah tu n’as plus qu’à naviguer encore et encore pour mieux connaître Foxsea Lady !

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*Lancement d’un crowdfunding*

Qu’est-ce que cela fait, de traverser de l’Atlantique en solitaire, en course et sans assistance, sur un voilier de 6,50 m ? UN OBJECTIF : partager ce beau challenge… Je vais le raconter par tous les moyens. Cependant aujourd’hui, J’AI BESOIN DE VOTRE AIDE. Par un simple don vous pouvez me donner un coup de pouce et même, si vous le souhaitez, embarquer à votre manière dans le projet !

Pour arriver à finaliser ma préparation en répondant à tous les objectifs de sécurité (matériel, procédures, etc.) j’ai lancé un financement participatif par le biais de la plate-forme EKOSEA au lien suivant : crowdfunding Allez Tac. Vous y trouverez en plus une petite vidéo assortie d’une présentation. Mais d’abord : kesskeucé ?

Le Crowdfunding ou Financement participatif est une façon innovante, alternative, solidaire et participative de trouver des fonds pour financer un projet. Dans la plupart des cas, c’est l’association d’un grand nombre de personnes investissant un montant (même symbolique) qui permet aux porteurs de projets de trouver les fonds demandés. C’est avec EKOSEA, première plateforme de financement participatif dédiée à l’OCEAN et à l’ENVIRONNEMENT que j’organise cette campagne.

Le principe est simple : vous découvrez mon projet, il vous intéresse ou simplement renvoie à des valeurs qui vous attirent ? Inscrivez-vous ici (c’est rapide), choisissez le montant de votre contribution et en échange vous recevrez une contrepartie. Certaines seront ramenées de Martinique 🙂 Il n’y a pas de petit montant… car si un grand nombre de personnes mettait ne serait-ce que 5 ou 10 €, l’objectif serait atteint !

Cette campagne de financement participatif permettra, grâce à vous, de réunir au minimum 7000 € afin de financer le matériel de sécurité. Si ce montant n’est pas atteint votre don vous sera retourné.


Partagez et parlez-en autant que possible autour de vous, c’est le meilleur moyen de faire aboutir le crowdfunding. Toutes les aides collectées participeront à la réussite du projet et je vous en remercie d’avance chaleureusement.

En avant l’aventure océanique… Allez tac! L’Atlantique !

[UPDATE] Une semaine après le lancement, nous avons déjà récolté 16% ! Un grand merci aux 15 premiers contributeurs 😀 😀 😀

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Top départ : processus de qualification

PREMIERE COURSE DE LA SAISON, LA « LORIENT BRETAGNE SUD MINI » est un parcours de 150 miles en double entre Lorient, l’archipel des Glénan et la presqu’île de Quiberon.

Nous y voilà ! C’était encore une bonne semaine de rush pour que le bateau soit prêt, mais ma sélection pour la Mini Transat commence avec cette première petite course. What? Quel genre de sélection ?

#la qualification en course : pour participer à la Mini Transat, les concurrents doivent effectuer au minimum 1000 miles en course (parfois en double, surtout en solo) sur leur propre bateau. Je l’ai déjà fait l’année dernière mais comme j’ai changé de bateau, je recommence à zéro. Ou presque… maintenant j’ai un an de mini dans les pattes, ça va me servir.
#la qualification hors course : de la même manière chaque concurrent doit réaliser un parcours obligatoire de 1000 M en solitaire entre la France et l’Irlande. Cette fois-ci, on est vraiment tout seul sur l’eau pendant 7 à 12 jours. C’est aussi au programme : j’y reviendrai !

Alors cette première petite course en double ? …Et bien elle est bouclée !! Je l’ai courue avec Arnaud Machado, un ami qui m’a donné un sacré coup de main lors de la préparation à la course. C’est un champion de l’organisation (ou disons, plus que moi 😛 ) C’est la 1ère fois que je cours avec un ministe expérimenté.

Il y avait 1000 choses à faire :

  • Rassembler, ranger et fixer solidement tout le matériel et les équipements pour passer les contrôles de sécurité,
  • Réussir à modifier ma nouvelle rotule de bout-dehors spécialement usinée (la pièce sur laquelle s’articule un tube en carbone qui se déploie à l’avant et sert de point d’attache des spis, les grandes voiles rondes) qui était très récalcitrante et nous a fait perdre 2 jours…
  • Réparer quelques trucs importants qui ont cassé pendant le convoyage Concarneau-Lorient (heureusement c’est arrivé avant la course)
  • Préparer la navigation : les astuces pour ne pas sortir ses cartes papier qui seraient trempées… Puis étudier les trajectoires : par où va-t-on passer au milieu des cailloux ? Vu les conditions météo, quelle serait la meilleure « route » ? etc.

Par-dessus tout, Arnaud m’a apporté son expérience des courses en mini. Avant et pendant. La course ne durait que deux jours mais le vent a été particulièrement instable, ce qui redistribuait les cartes et le classement sans arrêt.
Il fallait être à fond et garder l’envie de se battre, même quand le vent nous laissait tomber alors qu’il favorisait un groupe de bateaux au large… Dans la nuit froide sans vent, les voiles claquent, la fatigue, le manque de confort, la peau et les muscles douloureux prennent le dessus. Partie, l’adrénaline qui nous apporte de l’énergie ! Dans ces moments il y a de quoi péter un câble ou bien s’endormir profondément… et ça c’est interdit sous peine de finir dans les rochers.

Mais on n’a pas lâché, nous nous sommes bien battus et avons décroché une belle place de 9èmes sur 21 pour mon prototype – préparé avec un tout petit budget et des vieilles voiles peu adaptées au petit temps (15 sur 60 au scratch, séries & protos confondus).
Et le plus important : on s’est bien marrés !!! J’aime quand les navigations riment en plus avec humour et autodérision. Enfin on a quand même insulté quelques potes au passage.

|BILAN| 150 MN acquis au compteur de qualif et une belle course, où j’ai beaucoup appris en préparation spécifique aux courses minis, en tactique et stratégie.

Crédit photos ©Christophe Breschi et ©Yvan Zedda
LBSM – Lorient Bretagne Sud Mini