1ers entrainements… musclés

Ce week-end, c’était mon baptême du feu.

Depuis la mise à l’eau je suis sortie plusieurs fois – en solo, en double, globalement dans des conditions clémentes : de la pétole [traduction : vent très faible] à la petite brise qui monte. Rien de bien méchant mais c’était largement suffisant pour commencer à travailler les manœuvres et faire la connaissance de ce nouveau bateau.
Mes 1ers objectifs ? Voir ce qui fonctionne, ce que je dois améliorer, les réflexes à prendre, tout ce qu’il faut mettre en place pour arriver à… sortir et rentrer au port à la voile (il n’y a pas de moteur à bord), mettre en place des chronologies qui varient suivant les conditions météo et les voiles pour manœuvrer correctement… Car louper des étapes en prototype, c’est cramer ses forces à coup sûr ! C’est mon dos qui parle 😛

Jeudi dernier : entraînement spécial prototypes sous la houlette d’un ministe expérimenté dans ce domaine. Samedi, c’était entraînement dans la baston [dans le vent fort]. Le vent devait être modéré au début puis monter en cours de journée, et il était plutôt raisonnable là où nous amarrons les minis.
Mais… A la sortie du port, on s’est tous fait cueillir comme des fleurs avec nos voiles hautes. Là, ça soufflait à 20 noeuds avec des moutons partout [= force 5, 40 km/h]. C’était assez stressant de remonter au près le chenal étroit et sinueux de Concarneau en zigzaguant entre les cailloux. Une fois sortie du chenal j’ai pris un cap sécurisant vers le large et mis en route le pilote automatique, en le réglant pour qu’il gère les vagues, pour aller prendre des ris [réduire les voiles] dans la grand-voile et le solent.

Une heure plus tard…, je pouvais démarrer l’entrainement.
Parce qu’entre-temps tous les systèmes de prise de ris ont explosé les uns après les autres ! Bon. J’ai connecté mes neurones de « Madame Bricoleuse » (récemment découverts) et trouvé des solutions temporaires, ballotée et trempée par les vagues. Rassurez-vous, j’avais mon gilet et j’étais attachée en permanence.

Puis j’ai rejoint les autres et commencé à travailler la navigation dans la baston : réglages de la quille (la mienne peut être basculée d’un côté ou de l’autre), des dérives, du gréement, gestion des surventes et des grains violents qui montaient à 30-35 nds… [= force 7, 60 km/h] (Maman pourquoi je fais ça !).
D’autres trucs ont cassé comme une padeye du système d’écarteur de solent. Rien de grave, juste des choses pénibles qui s’ajoutent à la liste des travaux entre chaque séance. Cependant une chose est sûre : il vaut mieux que ça pète maintenant, à l’entrainement, que pendant les courses… J’essaie de relativiser.

Voilà, c’était comme ça. On passait d’une ambiance à l’autre toutes les 1/2 heures.

Quelques manœuvres plus tard, après deux manque-à-virer, un bord de reaching [travers au vent] en mode rock’n’roll dans les vagues le long des îles des Glénan où je galérais à lâcher la barre pour aller relever mes dérives coincées par la vitesse du bateau, puis un empannage épique (« Camille ne choque pas ta bastaque ! ») entre une bouée cardinale et les rochers beaucoup trop proches, est arrivée l’apothéose : une looooooongue descente en surpuissance dans les vagues, sur la mer bleu-vert moutonnante, des arcs-en-ciel et la pluie par-dessus, le ciel tour à tour bleu de soleil puis bardé de nuages noirs et de grains violents… Oh ce surf de folie !
45 minutes grisantes à plus de 13 nœuds de vitesse, tremblante, trempée des pieds à la tête… Vous les entendez les hurlements de joie ?

P.s. Pas encore de photos ni de vidéos de ces sorties. Il faut que je trouve une caméra correcte qui supporte le mode « sous-marin ».
P.p.s. Je n’ai presque pas abîmé le bateau en le ramenant au port, juste une petite rayure 😛